Milan, 4 janvier (LaPresse) – « Je suis sous enquête en liberté parce que je serais, selon 300 pages d'accusation qui sont un résumé de 2000 pages écrites par les services secrets israéliens et livrées brevi manu physiquement à Gênes, le mégaphone italien du Hamas ». C'est en ces termes que la journaliste Angela Lano, directrice de l'agence Infopal, explique dans une interview à LaPresse les raisons qui l'ont amenée sous l'œil du parquet de Gênes, dans le cadre de l'enquête sur les présumés financements italiens au Hamas qui auraient été gérés par l'architecte palestinien Mohammad Hannoun, incarcéré depuis le 27 décembre. L'opération a conduit à l'arrestation de neuf personnes, dont Hannoun lui-même, après 17 perquisitions menées hier dans plusieurs villes italiennes : Gênes, Turin, Bergame, Florence, Bologne, Monza et Brianza, Lodi et Sassuolo. "Tout cela me fait rire, si ce n'était pas tragique. C'est ridicule. Il suffit de parcourir Infopal : nous y sommes depuis 20 ans et, surtout au cours des deux dernières années, nous avons écrit sur les morts et les blessés, les blessés et les morts, un décompte affligeant du génocide à Gaza qu'il faut inscrire. Ensuite, des éditoriaux, des commentaires, des nouvelles et d'autres choses tirées de divers sites, avec des sources complètes tout le temps. Bien sûr, dans la variété des sources, je mets aussi les déclarations du Hamas, mais parce que ce sont eux qui contrôlent, administrent la bande de Gaza, comme je mets aussi le Front populaire et d'autres". En ce qui concerne la relation avec Hannoun, Lano reconstruit : "J'ai rencontré Hannoun il y a 25 ans, lorsque je collaborais avec Repubblica pour couvrir le monde arabo-musulman et que je l'interviewais souvent au cours de l'année, donc disons que je l'ai connu toute ma vie. J'avais consacré un chapitre de mon livre « Islam d'Italie » à son sujet. Ce chapitre s'intitulait « L'architecte avec la Palestine dans son cœur ». Je le connais depuis longtemps. C'est un architecte, un intellectuel, un activiste qui s'occupe de questions humanitaires, apportant ainsi de l'aide humanitaire aux différents camps de réfugiés : matériel médical, appareils médicaux, fauteuils roulants, nourriture". Quant à l'hypothèse de l'argent liquide destiné à financer le Hamas, le directeur d'Infopal précise : "Toutes les organisations, y compris celle de Hannun, n'apportent pas d'argent, elles n'apportent rien au Hamas, mais il faut garder à l'esprit que le Hamas est le parti qui a gagné les élections de 2006, des élections démocratiques qui ont été contrôlées par des observateurs internationaux, y compris l'ONU. Ainsi, pour le meilleur ou pour le pire, que cela nous plaise ou non, c'est l'organisation politique qui détient les municipalités de Gaza, et les organisations qui veulent avoir un rapport avec la bande de Gaza pour des questions humanitaires, diplomatiques ou autres doivent traiter, qu'elles le veuillent ou non, avec le Hamas". Revenant au dossier du parquet de Gênes, M. Lano ajoute : "Nous sommes encore un État de droit, mais acceptons-nous que des preuves, si elles sont vraies, aient été extraites de personnes torturées et violées avec des chiens ? Parce qu'il existe de nombreux documents d'Amnesty et d'organisations humanitaires qui affirment qu'Israël pratique la torture, on assiste aujourd'hui à une escalade de cette pratique et nous voulons accepter, conformément à notre droit, des preuves extorquées par des viols ? Je pose cette question", conclut-il.

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