Human Rights Watch accuse l’Egypte de procéder à des “exécutions extrajudiciaires”

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé, mardi, l’Egypte de procéder à des “exécutions extrajudiciaires” de “terroristes” présumés.

Dans un rapport publié sur son site web, HRW affirme que les forces de sécurité égyptiennes ont “tué des dizaines de présumés terroristes à travers l’Egypte lors d’exécutions extrajudiciaires présentées comme des échanges de tirs”, évoquant le chiffre officiel d’au moins 755 personnes tuées dans 143 échanges de tirs entre janvier 2015 et décembre 2020. Et ce alors que les personnes tuées “ne représentaient pas un danger imminent pour les forces de sécurité ou d’autres personnes quand elles ont été abattues et, pour beaucoup, se trouvaient déjà en détention”, selon HRW.

Dans la plupart des cas, les autorités assurent que les affrontements ont été initiés par les “terroristes”, souvent accusés d’être membres de la confrérie désormais interdite des Frères musulmans.

Par ailleurs, HRW assure que des analyses indépendantes prouvent que dans trois cas sur cinq étudiés, l’hypothèse d’un échange de tir est impossible. “Des photographies montrent que les mains (…) ont été entravées ou menottées dans le dos peu avant le décès”, peut-on lire dans le rapport.

“Les incidents étudiés démontrent un schéma clair d’exécutions illégales qui se répète et font peser de sérieux doutes sur l’ensemble des échanges de tirs rapportés”, déplore l’ONG.

Et d’ajouter que ces exécutions ont proliféré après que le président al-Sissi a déclaré, en juin 2015, que les tribunaux et lois de droit commun ne suffisaient plus pour contrôler les groupes violents, appelant à la mise en place d’une justice rapide. Cette déclaration a été prononcée après l’exécution du procureur général de l’époque, Hisham Barakat, par des militants armés que le gouvernement a associé aux Frères musulmans.

En rétorsion, “les partenaires internationaux de l’Egypte devraient cesser de lui livrer des armes et imposer des sanctions aux agences de sécurité et aux officiels responsables de ces abus qui continuent”, a conclu le rapport.