Saint-Marin, le micro-État voisin de l’Italie se prononce en faveur de la légalisation de l’avortement

La plus petite République d’Europe, Saint Marin, a voté dimanche, lors d'un référendum, à une large majorité en faveur de la légalisation de l'avortement.

La plus petite République d’Europe, Saint Marin, a voté dimanche, lors d’un référendum, à une large majorité en faveur de la légalisation de l’avortement.

À ce référendum organisé à l’initiative de l’Union des femmes Saint-Marinaises (UDS), 77,28 % des votants ont dit “oui” à l’option de donner aux femmes le libre choix d’avoir recours à l’IVG jusqu’à douze semaines de grossesse, selon les résultats définitifs.

Après ce délai, l’avortement ne serait autorisé qu’en cas de menace pour la vie de la mère ou lorsque des anomalies ou des malformations détectées chez le fœtus «comporteraient un grave risque pour la santé physique ou psychique de la femme».

Ce vote constitue un tournant historique pour ce micro-Etat voisin de l’Italie, qui était l’un des derniers États européens à interdire entièrement l’avortement même en cas de viol.

«C’est une victoire claire et nette, on attend désormais une loi à la hauteur des résultats», s’est félicitée Vanessa Muratori, une militante de l’UDS.

Antonella Mularoni, du comité contre la légalisation de l’IVG, reconnaissant la défaite de son camp, n’est pas du même avis. «On respecte la démocratie, on prend acte de ce résultat, mais l’avortement doit vraiment rester l’ultime option», a t-elle dit.

Actuellement, l’avortement est un crime passible d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans pour la femme et six ans pour le médecin qui le pratique. Mais, dans les faits, il n’y a jamais eu de condamnation car les Saint-Marinaises se rendent en Italie pour avorter, contournant ainsi la loi.

La balle est désormais dans le camp du Parlement, qui devra voter une loi conforme à l’issue du référendum.

«Au sein du Parlement, il y a des membres des partis progressistes qui sont contre l’avortement et des députés de la droite qui sont pour, notamment en cas de viol ou de malformation du fœtus», avait averti avant le vote Manuel Ciavatta, secrétaire adjoint du Parti Démocrate-chrétien.