Washington rejette une transition de cinq ans au Mali et soutient les sanctions appliqués par la CEDEAO

Les Etats-Unis rejettent une transition au Mali qui durerait cinq ans avant le retour d’un pouvoir civil et soutiennent la prise de sanctions supplémentaires par la CEDEAO, a déclaré mardi l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, lors d’une réunion du Conseil de sécurité.

“Nous exhortons le gouvernement de transition à tenir son engagement envers le peuple malien de ramener son pays à la démocratie”, a-t-elle affirmé. “Une transition de cinq ans n’est pas dans leur intérêt et prolonge la douleur du peuple”, a ajouté la diplomate américaine en réclamant des élections “libres et équitables” et “transparentes”.
Dans la nuit de lundi à mardi, le département d’Etat américain avait souligné dans un communiqué que les Etats-Unis partagent “la grande déception” de la CEDEAO face “au manque d’action ou de progrès pour organiser des élections” au Mali. “Nous soutenons la décision de la CEDEAO d’imposer des sanctions économiques et financières supplémentaires pour exhorter le gouvernement de transition à tenir son engagement envers le peuple malien de ramener son pays à la démocratie”, avait précisé dans son communiqué le porte-parole du Département d’Etat, Ned Price.
Les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, réunis à Accra en sommet extraordinaire, ont décidé de fermer les frontières avec le Mali au sein de l’espace sous-régional et de suspendre les échanges autres que de produits de première nécessité.
Ils ont aussi décidé de couper les aides financières et de geler les avoirs du Mali à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

En réaction aux sanctions économiques imposées par les deux instances ouest-africaines, le gouvernement du Mali a décidé de rappeler ses ambassadeurs accrédités dans les Etats membres de la CEDEAO et de procéder à la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec les Etats concernés.