Barrage de la Renaissance: L’Egypte saisit le Conseil de sécurité

L’Egypte a envoyé une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer la violation par l’Ethiopie de l’accord de Déclaration de principe de 2015.

La tension est de retour entre l’Egypte et l’Ethiopie suite à l’annonce par cette dernière de la mise en service de 2 turbines de production d’électricité sans l’avis des pays situés en aval à savoir le Soudan et l’Egypte.

A ce titre, Le Caire a envoyé une seconde lettre au Conseil de Sécurité de l’ONU en y dénonçant la
violation par l’Ethiopie de l’accord de Déclaration de principe de 2015. Selon l’Egypte, «la décision
éthiopienne est une nouvelle mesure unilatérale qui s’ajoute aux opérations unilatérales de remplissage
des année 2020 et 2021».

En effet, l’accord de 2015 fait mention de manière claire et sans équivoque
que l’Ethiopie doit trouver un accord juridiquement contraignant sur les règles d’exploitation du barrage
avant de commencer le remplissage du réservoir du barrage de 74 milliards de mètres cubes.

Dans cette nouvelle lettre, l’Egypte rappelle aux membres du Conseil de sécurité que l’Ethiopie s’est
abstenue de mener les études requises sur les impacts hydrologiques, sociaux, économiques et
environnementaux. Du coup, ce remplissage pourrait se traduire par une baisse du débit du Nil et donc
causer des dommages à l’Egypte qui dépend, pour 97% de ses eaux, de celles du Nil.

A travers cette nouvelle lettre, l’Egypte souhaite que la communauté internationale pousse l’Ethiopie à
reprendre les négociations avec des pays en aval du barrage.

L’Ethiopie a démarré la construction du plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. Et après moult
négociations, les trois pays ont signé en 2015 la Déclaration de principe, selon laquelle les pays en aval
(Soudan et Egypte) ne devraient pas être négativement affectés par la construction du barrage.

Seulement, depuis, les trois pays n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, malgré les médiations
des Etats-Unis, de l’Union africaine, etc.

D’un coût de 4,8 milliards de dollars, le barrage de la Renaissance éthiopienne dispose d’un réservoir
d’une capacité de 74 milliards de m3 d’eau et une capacité de production d’électricité de 6.000 MW.
Les autorités éthiopiennes ont effectué deux remplissages du réservoir en 2020 et en 2021, portant la
quantité d’eau totale retenue dans ce réservoir à 8 milliards de mètres cubes.