Lutte contre la pollution plastique: 175 pays s’engagent à élaborer un accord juridiquement contraignant

Les chefs d'État, les ministres de l'environnement et d'autres représentants de 175 nations ont approuvé à Nairobi, lors de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement (UNEA-5), une résolution historique visant à mettre fin à la pollution plastique et à élaborer un accord international juridiquement contraignant d'ici 2024, indique l'ONU dans une note publié mercredi soir.

La résolution porte sur l’ensemble du cycle de vie du plastique, c’est-à-dire sa production, son utilisation et son élimination.

“Sur fond de troubles géopolitiques, l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement montre la coopération multilatérale sous son meilleur jour”, a déclaré le président de l’UNEA-5 et ministre norvégien du Climat et de l’Environnement, Espen Barth Eide cité dans  la note de l’ONU.

La résolution, fondée sur trois projets initiaux de résolutions émanant de diverses nations, établit un comité intergouvernemental de négociation (CIN), qui commencera ses travaux en 2022, avec l’ambition d’achever un projet d’accord mondial juridiquement contraignant d’ici la fin de 2024.

Ce comité devrait présenter un instrument juridiquement contraignant, qui refléterait diverses alternatives pour traiter le cycle de vie complet des plastiques, la conception de produits et de matériaux réutilisables et recyclables, et la nécessité d’une collaboration internationale renforcée pour faciliter l’accès aux technologies, le renforcement des capacités et la coopération scientifique et technique.
La production de plastique a explosé, passant de 2 millions de tonnes en 1950 à 460 millions de tonnes en 2019 générant 353 millions de tonnes de déchets dont moins de 10% sont actuellement recyclées et 22% sont abandonnées dans des décharges sauvages, brûlées à ciel ouvert ou rejetées dans l’environnement, selon les dernières estimations de l’OCDE.

Les impacts de la production et de la pollution du plastique sur la triple crise planétaire du changement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et de la pollution, menacent le monde.

En effet, “l’exposition aux plastiques peut nuire à la santé humaine, en affectant potentiellement la fertilité, l’activité hormonale, métabolique et neurologique. De plus, la combustion à l’air libre des plastiques contribue à la pollution atmosphérique”.

D’ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre associées à la production, à l’utilisation et à l’élimination des plastiques représenteraient 15% des émissions autorisées, dans le cadre de l’objectif visant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °Celsius.

Avec quelque 11 millions de tonnes de déchets plastiques qui se déversent chaque année dans les océans, plus de 800 espèces marines et côtières sont affectées par ingestion, enchevêtrement et autres dangers.

Ainsi, le passage à une économie circulaire peut réduire de plus de 80% le volume de plastique entrant dans les océans d’ici à 2040, réduire de 55% la production de plastique vierge, faire économiser 70 milliards de dollars aux gouvernements d’ici à 2040, réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre et créer 700.000 emplois supplémentaires, principalement dans les pays du Sud.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) organisera, d’ici à la fin de 2022, un forum ouvert à toutes les parties prenantes en marge de la première session du CIN, afin de partager les connaissances et les meilleures pratiques dans différentes régions du monde. Il facilitera les discussions ouvertes et veillera à ce qu’elles soient éclairées par la science, en rendant compte des progrès réalisés tout au long des deux prochaines années. Enfin, à l’issue des travaux du CIN, le PNUE convoquera une conférence internationale pour adopter ses résultats et les ouvrir aux signatures.