Turin, 31 mars (LaPresse) – Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a exhorté Israël à abroger la loi adoptée par son parlement le 30 mars, qui réintroduit la peine de mort, applicable presque exclusivement aux Palestiniens. « Il est profondément décevant que ce projet de loi ait été adopté par la Knesset », a déclaré M. Turk dans un communiqué. « Il est manifestement incompatible avec les obligations d'Israël en matière de droit international, notamment en ce qui concerne le droit à la vie. Il soulève de graves préoccupations quant à la violation du droit à un procès équitable, il est profondément discriminatoire et doit être immédiatement abrogé. » « La peine de mort est difficilement conciliable avec la dignité humaine et comporte le risque inacceptable d’exécuter des innocents », a-t-elle ajouté. « Son application de manière discriminatoire constituerait une violation supplémentaire, et particulièrement grave, du droit international. Son application aux résidents des territoires palestiniens occupés constituerait un crime de guerre. » La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a également exprimé son inquiétude face aux propositions contenues dans un autre projet de loi actuellement examiné par la Knesset, qui prévoit la création d’un tribunal militaire spécial chargé exclusivement de poursuivre les crimes commis pendant et à la suite des terribles attaques du 7 octobre 2023 par des groupes armés palestiniens. Ce tribunal spécial n'aurait pas compétence pour juger les crimes commis par les forces israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. « J'exhorte la Knesset à rejeter ce projet de loi. En se concentrant exclusivement sur les crimes commis par les Palestiniens, on institutionnaliserait une justice discriminatoire et unilatérale », a déclaré M. Turk. « Les procès pour les crimes liés au 7 octobre revêtent une importance fondamentale, mais ils ne doivent pas être fondés sur la discrimination. Toutes les victimes ont droit à une protection égale devant la loi et tous les responsables doivent être appelés à rendre des comptes sans discrimination. »