Salamanque (Espagne), 19 mars (LaPresse) – « Même dans la crise des valeurs que traverse le continent, au cours d’un siècle qui a connu les horreurs du nazisme, du fascisme et du communisme, la culture reste un rempart, comme en témoigne le courageux discours prononcé par Miguel de Unamuno » à l’université de Salamanque le 12 octobre 1936 : « Venceréis, pero no convenceréis » : des mots qui deviennent un symbole contre les forces autoritaires et la défense de la raison, de la conscience libre ». C’est ce qu’a déclaré le président de la République, Sergio Mattarella, au cours de la lectio magistralis prononcée à l’université de Salamanque après avoir reçu le titre honorifique de docteur honoris causa. « Non moins puissantes, après la Seconde Guerre mondiale, sont les paroles de Primo Levi et de María Zambrano, qui représentent deux réponses différentes, mais convergentes, aux barbaries du siècle. Levi, survivant d’Auschwitz, fait de l’écriture un acte de témoignage et de défense des droits de l’homme. Zambrano, philosophe de l’exil, élabore une conception de l’Europe comme patrie spirituelle, fondée sur la personne et la compassion. Dans le dialogue à distance entre ces deux penseurs émerge un européanisme qui précède une dimension strictement politique et se définit sur le plan éthique et culturel », a souligné le chef de l’État.
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