PD, Fiano : « Les démocrates milanais s'opposent au jumelage avec Tel-Aviv, impossible de rester dans un parti comme celui-là »

Milan, le 10 avril (LaPresse) – « Le Parti démocrate de Milan, je ne sais pas si c'est à l'issue d'une longue discussion au sein de la direction provinciale dont je ne fais plus partie depuis que je ne suis plus député, ou si c'est une décision prise uniquement par la direction, demande à nouveau de suspendre le jumelage de Milan avec Tel-Aviv. Je constate que Pierfrancesco Majorino et, bien sûr, le secrétaire métropolitain Capelli soutiennent également cette demande présentée en séance plénière au Conseil municipal par la chef de groupe Beatrice Uguccioni. Bravo, félicitations, vous vous êtes ainsi fait une raison. Il est vraiment difficile, voire impossible, de rester dans un parti comme celui-là ». C'est ainsi que, dans un long message publié sur les réseaux sociaux, l'ancien député démocrate et membre de Gauche pour Israël, Emanuele Fiano, commente la demande adressée à la mairie par le Parti démocrate milanais de suspendre le jumelage avec Tel Aviv. « Vous rompez le lien avec tout Tel-Aviv – poursuit Fiano – y compris avec ceux qui œuvrent sans relâche pour la paix et contre la guerre depuis toujours », ajoute Fiano en rappelant les manifestations en Israël contre la guerre et le Premier ministre Netanyahou. « C’est une idée géniale, de haute politique, très utile à la paix. C’est un classique de la simplification manichéenne : d’un côté, il n’y a que le mal, de l’autre, le bien. Et avec la première partie, il faut rompre tout lien. Comment n’y avoir pas pensé plus tôt ? Il me semble évident que c’est une grande contribution à la paix, le jour même où 600 professeurs d’université israéliens dénoncent, en signant, la violence des colons qui veulent chasser les Palestiniens de Cisjordanie au mépris de tout droit national et international, voire de tout principe d’humanité. « Quand j’ai commencé à fréquenter le PCI milanais puis le PDS – conclut Fiano –, on organisait des rencontres avec la gauche israélienne et palestinienne, et même des voyages en Israël et en Palestine pour comprendre, pour connaître, pour étudier (mot désormais désuet) et pour devenir les protagonistes du dialogue. Je n’ai jamais rien vu de tel dans le parti d’aujourd’hui. Je n’ai jamais vu demander une contribution à ceux qui côtoient cette terrible histoire depuis des décennies, je n’ai jamais vu ouvrir une discussion ».