Rome, le 12 juin (LaPresse) – « Chère présidente Meloni, je n’aurais jamais imaginé qu’entre l’effondrement du pouvoir d’achat, l’Italie à la traîne en matière de croissance, les stations-service qui ressemblent à des bijouteries, les enquêtes pour corruption et les 13 milliards bloqués sur le pont, vous trouviez le temps de suivre mes réseaux sociaux et de vous tenir au courant de mes publications. » C'est ainsi que le président du M5S, Giuseppe Conte, répond au post dans lequel la Première ministre Giorgia Meloni a commenté une de ses vidéos ce matin. « Cela me surprend d’ailleurs – ajoute-t-il –, que votre seule préoccupation ait été de signaler que votre visage apparaît dans ma vidéo, alors qu’en réalité vous vous étiez éloignée et n’avez pas pu suivre en direct mon intervention que j’ai faite après vos communications, alors que vous étiez tenue d’écouter non seulement les interventions de la majorité mais aussi celles de l’opposition. C'est vrai. Ce montage vidéo a servi à « contextualiser » mon intervention, à préciser que ces questions et demandes d'éclaircissements s'adressaient à elle. Ce sont des questions et des demandes formulées par des millions de citoyens, de familles et d'entreprises qui sont en difficulté et qui aimeraient obtenir des réponses de sa part. Des réponses qui, pourtant, même aujourd'hui, après près de quatre ans de gouvernement, ne viennent pas. Et elles n’arrivent pas parce que vous ne savez pas quoi dire, que vous n’avez pas de recettes, que vous n’avez pas de solutions. Et voilà donc que vous passez votre temps sur mes réseaux sociaux à la recherche de distractions et de diversion pour vous faire passer pour une victime. Tout est bon à prendre, pourvu qu’on n’aborde pas les priorités et les urgences des citoyens. Bref, tout est bon pour semer la pagaille. Vous vous plaignez de ne pas avoir été dans l’hémicycle pendant que je parlais. C'est vrai. Tout comme elle n'était pas présente quand nous étions occupés, avec des milliers et des milliers de personnes responsables, à sauver le pays de la pandémie. Au contraire, elle passait à la télévision pour me traiter de « criminel ». Elle n'était même pas présente quand j'ai obtenu les 209 milliards du PNRR, bien au contraire, elle nous mettait des bâtons dans les roues. Et pourtant, je vois partout son visage souriant qui trinque aux investissements réalisés avec cet argent. Ce sont les seuls chantiers ouverts aujourd’hui en Italie, qui nous sauvent de la récession à laquelle votre gouvernement nous aurait condamnés, un gouvernement qui se distingue par son incapacité manifeste. Si vous vous passionnez pour mes vidéos, quand aurons-nous un débat sérieux sur les questions urgentes que je soulève et que les Italiens soulèvent avec moi à votre attention ? »